L’élevage ça coûte cher ?

Oh que oui ! Espérer en vivre est illusoire. Penser faire des bénéfices l’est presque autant.

L’achat des reproducteurs est coûteux. Un beau sphinx pour la reproduction, coûte au minimum 2000 euros. Certains persans importés des USA, ont coûté à leur propriétaire, parfois 3000 dollars !

Trouver un beau reproducteur nécessite du temps. On n’achète pas au hasard. Il faut connaître le standard, et parfois, convaincre l’éleveur de vous faire confiance. On peut chercher et négocier l’acquisition de ses premiers chats, pendant des mois ! Parfois en anglais (si l’on pense avoir trouvé son bonheur à l’étranger) et il faudra ajouter le coût des transports.

Il y a ensuite la nourriture. Un sphinx par ex, consomme environ 1 kg de croquettes par semaine… cela donne une petite idée du budget croquettes…

Il y a aussi les expos, qui permettent de prendre des contacts avec d’autres éleveurs, de montrer ses chats au public, d’avoir parfois l’avis du juge (utile pour un débutant), qui peuvent constituer un nouveau pôle de dépenses assez élevé.

Ensuite, les tests de dépistage des maladies génétiques. Une échographie cardiaque coûte environ 100 euros, à multiplier par le nombre de chats de sa chatterie. Il est aussi utile de faire des tests pour connaître le taux de coronavirus de ses chats (cf. dossier PIF).

On peut être amené à faire une saillie extérieure. Il faudra soit la payer, soit donner un chaton au propriétaire de l’étalon (un chaton de moins à vendre).

Les produits d’entretien qui permettent de désinfecter le matériel d’élevage, les sols ou l’air ambiant d’une pièce de son domicile, sont assez coûteux (une bombe désinfectante à base d’ammonium quaternaire coûte environ 16 euros, et on en fait une bonne consommation annuelle)

Les chats qui vivent en communauté ont plus souvent des petits problèmes vétos que les chats qui vivent seuls, ce qui nécessite des soins qui ne sont pas gratuits. L’éleveur est obligé de réagir très vite, donc, coûts vétérinaires qui peuvent grimper vite.

Le 2ème gros pôle de dépenses, après l’achat des reproducteurs, est l’élevage des chatons, la préparation de leur arrivée…

Par précaution, on fera passer à la mère une radio pour estimer le nombre des chatons à naître. Si au bout de plusieurs saillies, il n’y a pas fécondation, il faudra alors faire passer des tests (souvent chez un spécialiste, dans une école vétérinaire par ex). Si une naissance est confirmée, on fera aussi provision de lait maternisé et de colostrum, de compresses, d’alèses, de désinfectants, prévoir un tapis chauffant. Il faut acheter une nourriture spécifique pour la mère et les chatons au sevrage (plus onéreuse).

Si la mise bas se déroule mal, il faudra payer la césarienne (400 euros en moyenne). Quand les chatons vont à la litière et mangent des croquettes, le budget litière et croquettes explose. Et il n’est pas rare que les chatons tombent malades. Un courant d’air et ils s’enrhument, et ne parlons pas des diarrhées, fréquentes au sevrage, les chatons sphinx d’ailleurs, sont fragiles sur le plan gastrique.

Ensuite, il faudra vacciner et vermifuger les chatons, et les identifier par puce ou tatouage, et certains éleveurs stérilisent les chatons vendus en compagnie (à rajouter au coût des vaccins et de l’identification)…. Et tant qu’ils ne sont pas vendus, ils restent à la charge de l’éleveur et occasionnent des dépenses.

Si l’on additionne donc, l’achat des reproducteurs, l’entretien et les soins vétérinaires des adultes,et des des chatons, l’achat de matériel d’élevage, le bénéfice sera maigre, et nul s’il survient un gros problème vétérinaire.

Quand (maigre) bénéfice il y a, l’éleveur est alors imposable… Et ce qui restera de ce bénéfice, sera ensuite englouti dans l’achat de nouveaux reproducteurs (un éleveur sérieux ne fait pas sans arrêt les mêmes mariages et doit faire entrer du sang neuf dans sa chatterie). Heureux sont les éleveurs dont la chatterie s’auto-finance. La plupart du temps, il est nécessaire de piocher dans le budget du foyer (d’où la nécessité d’avoir un travail rémunéré à côté).

L’élevage familial félin est donc une passion ouverte à tous pour peu qu’on ne se lance pas dans cette activité sans préparation, sans avoir pris soin d’acquérir des connaissances félinotechniques, d’avoir effectué des recherches sur les lignées de la race que l’on souhaite élever, et d’en connaître le standard pour établir un programme d’élevage et définir des objectifs, avec impérativement pour premiers objectifs, l’intérêt de la race, indissociable du respect et du bien-être de ses chats.

L’élevage familial félin est donc une activité qui se pratique avec passion, à titre amateur (à but non lucratif), mais avec professionnalisme.

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